35 euros. C’est le prix exact de l’étourderie pour tout utilisateur de trottinette électrique qui s’aventure sans gilet jaune là où il serait exigé. La loi ne badine pas avec la visibilité, et pourtant, sur les pistes cyclables françaises, le gilet fluo reste souvent au fond du sac. Entre la réglementation qui se renforce et les contrôles plus fréquents, rouler en trottinette électrique n’a rien d’une échappée improvisée. Chaque accessoire, chaque assurance, chaque arrêt municipal pèse désormais dans la balance du quotidien urbain.
Trottinette électrique : ce que dit la loi aujourd’hui
La trottinette électrique, ou EDPM comme l’appellent les initiés, s’est invitée dans le paysage urbain sans demander la permission. Mais l’improvisation s’arrête là : la loi encadre chaque détail de son usage. Considérée comme un engin de déplacement personnel motorisé, elle tombe sous le coup du code de la route et impose à chaque usager une série de règles bien établies.
Voici les principales obligations qui s’appliquent à tous :
- Les pistes cyclables et les routes limitées à 50 km/h sont les seuls terrains de jeu autorisés : interdiction formelle d’emprunter les trottoirs.
- La vitesse maximale tolérée est de 25 km/h. Dépasser, c’est risquer une amende, voire la confiscation de l’engin.
- L’âge minimum est fixé à 12 ans : ici, pas de place pour les plus jeunes.
- Un seul passager par trottinette : les trajets en duo sont proscrits.
Pour être conforme, votre trottinette doit être équipée d’un système de freinage performant, d’un avertisseur sonore, de feux de position, et de catadioptres. Le casque, quant à lui, reste recommandé pour tous mais n’est imposé que pour les moins de 12 ans, même en ville.
La réglementation varie parfois d’une commune à l’autre. Certaines mairies vont plus loin, interdisant l’accès à certaines rues ou imposant des mesures supplémentaires. Ignorer ces règles expose à des sanctions : un engin non homologué peut coûter jusqu’à 1 500 euros d’amende. Prendre la route en trottinette électrique, c’est accepter de suivre des règles strictes. L’aventure urbaine, oui, mais jamais sans filet.
Le gilet jaune est-il vraiment obligatoire pour circuler ?
Le débat revient souvent sur le bitume au lever du jour : doit-on vraiment sortir le gilet rétro-réfléchissant pour enfourcher sa trottinette électrique ? La réponse figure noir sur blanc dans le code de la route, mais beaucoup l’ignorent ou la survolent. La règle ne s’applique pas en continu : le port du gilet jaune devient impératif en cas de visibilité réduite, brouillard, nuit, pluie intense, ou lorsqu’on quitte les limites de la ville. En plein jour, sous un ciel dégagé, la prudence reste à l’appréciation de chacun.
Les équipements obligatoires pour circuler en trottinette électrique se limitent à l’essentiel : éclairage, catadioptres, avertisseur sonore, système de freinage. Le gilet jaune, lui, sort du placard uniquement lorsque la situation l’exige. La logique est implacable : sur route sombre ou peu éclairée, être vu peut tout changer. Les statistiques de la sécurité routière le rappellent : les usagers de trottinettes paient souvent le prix fort du moindre manque de visibilité.
- En ville, le gilet jaune est optionnel, sauf si la luminosité chute sérieusement.
- En dehors des agglomérations, il redevient obligatoire, au même titre que pour les cyclistes.
- En cas d’oubli quand il est requis, la sanction tombe : 35 euros d’amende.
La loi ne transige pas. L’utilisateur attentif anticipe le moindre changement d’ambiance lumineuse. Prendre la route en trottinette, ce n’est pas défiler, c’est s’adapter. Gilet jaune : parfois accessoire, parfois impératif, jamais superflu quand la lumière décline.
Équipements de sécurité : entre obligations et bonnes pratiques
La trottinette électrique, rapide et discrète, s’immisce partout. Les règles de sécurité, elles, ne laissent pas de place à l’improvisation. Certains équipements sont requis pour rouler légalement : feux avant et arrière, catadioptres, avertisseur sonore, système de freinage efficace. Oublier l’un d’eux expose à une sanction immédiate.
Le port du casque reste libre pour les adultes en ville, mais s’impose aux moins de douze ans. Les témoignages des services d’urgence sont sans appel : la simple présence d’un casque réduit nettement le risque de blessure grave à la tête. Quelques opérateurs proposent des incitations pour ceux qui s’équipent. Dans les faits, le casque, les gants, les genouillères et les coudières peuvent transformer un accident en simple frayeur.
Pour renforcer encore sa protection, certains accessoires font la différence :
- Lunettes : pour se protéger des projections, des poussières et du vent.
- Chaussures fermées : pour plus de stabilité et moins de risques de blessure.
- Protège-poignets : souvent écartés, ils amortissent pourtant nombre de chutes.
La réglementation fixe le minimum, mais rien n’interdit d’aller plus loin. Certains usagers multiplient les lumières, adaptent leur équipement, personnalisent leur monture pour maximiser leur visibilité. La sécurité, ici, tient autant à l’équipement obligatoire qu’aux habitudes adoptées au quotidien.
Assurance trottinette : quelles protections pour les utilisateurs ?
En filant sur le bitume, la trottinette électrique expose à la même responsabilité civile que n’importe quel véhicule motorisé. L’assurance trottinette n’est pas un gadget : chaque utilisateur d’engin de déplacement personnel motorisé doit souscrire une garantie pour les dommages causés à autrui. Un simple accrochage peut entraîner des frais considérables, et sans couverture, l’addition grimpe très vite.
Le code des assurances classe la trottinette électrique avec les véhicules terrestres à moteur, ce qui signifie que la garantie responsabilité civile de l’assurance habitation ne suffit pas. Sans contrat spécifique, le conducteur encourt une sanction pouvant atteindre 3 750 euros. Le FGAO (fonds de garantie des assurances obligatoires) n’intervient qu’en dernier recours, et la démarche reste longue et fastidieuse.
Les compagnies d’assurance proposent désormais des formules sur mesure, incluant :
- responsabilité civile pour les tiers,
- individuelle accident,
- protection juridique,
- vol et dommages matériels.
La plupart des contrats demandent de fournir le modèle et la puissance de l’engin, parfois même sa provenance. Toute déclaration incomplète ou erronée peut annuler la couverture. Pour les trottinettes en libre-service, une assurance minimale est parfois incluse, mais elle ne couvre généralement que les dégâts causés à autrui.
En cas d’accident, l’assureur réclame des preuves solides : témoignages, photos, explications détaillées. L’indemnisation n’est jamais automatique et dépend du respect scrupuleux des conditions du contrat. Le conducteur averti s’assure que rien n’a été laissé de côté.
Rouler en trottinette électrique, c’est accepter de composer avec des règles mouvantes, des contrôles plus stricts et des responsabilités nouvelles. Une liberté à deux roues, mais avec un mode d’emploi à connaître sur le bout des doigts. La prochaine fois que vous croiserez une silhouette casquée et bardée de jaune fluo sur la piste, rappelez-vous : sur la route, la prudence ne se discute pas, elle s’anticipe.


